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Le cacao en Guyane

Le cacao et la Guyane, c’est déjà une longue histoire d’amour ! Pourtant, ce n’est pas à la Guyane que l’on pense spontanément pour la culture du cacao… Et on a tort !

Petite histoire du cacao en Guyane

Tout a commencé en 1728, avec la découverte fortuite d’une immense forêt de cacaoyers sauvages sur le haut Oyapock. Oui, vous avez bien lu : une forêt de cacaoyers ! A cette époque pionnière, la cueillette (en zone forestière, avec des problèmes de conservation) et la culture du cacao (dans la région de Cayenne) ont pris un formidable essor en Guyane, avec le recours massif aux esclaves. Mais cet engouement n’a pas duré : des méthodes de culture inadaptées à ces variétés de cacaoyers dits “spontanés”, puis la fin de l’esclavage et la découverte de l’or en Guyane, ont eu raison d’une grande partie des planteurs, et signé le déclin de la production de cacao en Guyane.

Le renouveau d’intérêt est arrivé au tournant des années 80, avec la recherche de variétés de cacaoyers résistantes à la pourriture brune des cabosses, une maladie provoquée par un champignon (Phytophthora) et causant des ravages (pertes de production de 20 à 30 %, parfois 80 % !). Une vaste campagne de prospection a été menée en Guyane de 1985 à 1995 par de Cirad (organisme de recherche spécialisé sur l’agriculture tropicale), le long de cinqbassins fluviaux guyanais. Il s’avère, en effet, que les cacaoyers spontanés de Guyane sont souvent de meilleure qualité, plus productifs et plus résistants aux maladies que leurs cousins cultivés… Certaines des souches alors collectées sont depuis utilisées dans plusieurs programmes d’amélioration génétique du cacaoyer, notamment en Afrique.

La botanique du cacaoyer

Le cacaoyer (Theobroma cacao pour les intimes) est un arbre de la famille des Malvacées (comme la mauve, le coton, la rose trémière, l’hibiscus, le thé, les baobab…), originaire des forêts pluviales tropicales et équatoriales. Il présente une particularité botanique originale : la cauliflorie. En clair, les fleurs et les fruits se développent à même le tronc ! Le fruit du cacaoyer est appelé “cabosse”. Il renferme des amandes entourées d’un mucillage blanc. Ce sont ces amandes, au terme d’un procédé de fermentation-séchage-torréfaction-broyage, qui donnent la poudre de cacao.

Il existe trois grands crus de cacao : Criollo, Forastero et Trinitario.

Le Criollo

C’est le plus recherché des crus de cacao. Il est réputé pour ses qualités organoleptiques exceptionnelles : fin et très aromatique, il a une saveur à la fois douce et légèrement amère. C’est aussi le cacao le plus rare et le plus fragile, avec moins de 5% de la production mondiale. Originaire du Venezuela, on le reconnait à la couleur de ses cabosses (généralement rouges à maturité, parfois vertes) et à ses amandes blanches. Il est cultivé en Amérique du Sud.

Le Forastero

C’est le plus commun des crus de cacao (plus de 80 % de la production mondiale), et aussi le plus rustique. Il a un goût amer ponctué de notes acides. Ses cabosses sont jaunes à maturité, et ses amandes violacées. C’est le principal cacao cultivé en Afrique.

Le Trinitario

Ce n’est pas une variété naturelle : c’est en réalité un hybride obtenu en croisant du Criollo et du Forastero. Sa création remonte au 18e siècle, sur l’île de la Trinité dans le sud des Caraïbes (d’où son appellation). Il représente 10 à 20 % de la production mondiale et allie les principales qualités de ses géniteurs, en moins intense. Il est cultivé en Amérique du Sud, en Afrique (Cameroun) et en Asie.

Sur le plan scientifique, on a coutume de considérer le Criollo et le Forastero comme deux sous-espèces. Cette assertion est aujourd’hui contestée, et certains spécialistes invoquent l’existence de plusieurs groupes morpho-géographiques, dont l’un serait constitué par les cacaoyers spontanés de Guyane.

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